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This War of Mine
C'était pas ma guerre !
This War of Mine est un jeu qui fit date lors de sa sortie en 2014.
Il participa à donner ses lettres de noblesses à la scène du jeu vidéo dit indépendant, en montrant que le jeu vidéo pouvait parler de sujets grave comme la guerre de manière sérieuse et impactante.
Mais au-delà de son rôle historique, est-ce toujours un bon jeu en 2026 ? Je dirais bof.
Dans This War of Mine, on incarne un groupe de survivants pris au piège dans une ville assiégée. Il faudra survivre une quarantaine de jours pour gagner la partie.
On alterne entre les phases de jours et les phases de nuit.
Durant la journée, il faut se nourrir, se réchauffer, soigner les blessés et les malades, et, bien sur, améliorer le refuge.
Lorsque la nuit tombe, un des réfugiés peut aller collecter des ressources, via un petit jeu d’infiltration lors duquel il faudra récupérer des choses utiles sans se faire tuer par un bandit ou un militaire.
Evidement, on perd nos premières parties. Soit car on n’a gâché des ressources dans une amélioration qui s’est révélée inutile, ou alors car on n’a pas su identifier les ressources clés à privilégier lors des collectes.
Sur cet aspect, This War of Mine ressemble plus à un die and retry. Après quelques essais, on sait quoi construire et collecter efficacement, et l’aspect gestion ce révèle finalement plutôt simple (j’ai fini ma partie avec des jours de nourritures et de médicaments d’avance).
L’aspect infiltration, par contre, est très frustrant ( et pas pour les bonnes raisons ).
L’action à l’écran manque de lisibilité. On ne sait jamais vraiment si un ennemi nous a repéré, s’il nous cherche ou s’il pense avoir entendu un gros rat.
De plus, si on est repéré, il ne sert à rien de s’éloigner ou de se cacher. Un ennemi peut vous tirer une balle dans la tête alors qu’il est deux étage en dessous de vous ( ce qui surprend, il faut l’avouer ).
Le système d’hostilité a également quelques ratés.
Un exemple : je visitais deux maisons mitoyennes. L’une était abandonnée et je pouvais la fouiller librement. L’autre était habitée, et les réfugiés proposaient de faire des échanges. J’échangeais certaines ressources avec eux, puis je suis parti fouiller la maison abandonnée. Tout se passe bien, jusqu’à ce que deux d’entre eux ne débarquent et m’abattent. Super.
Le système de morale est également étrange. Après qu’un membre de mon refuge se soit fait abattre par des bandits ( infligeant un état de déprime à tout le monde ), je décide d’aller le venger.
Avec un autre personnage, et armé d’une hache, j’exécute furtivement trois bandits ( et revient avec moult denrées ). Aucune réaction morale de la part de mes coéquipiers (alors que « voler » une guitare cassée dans une cave en ruine m’a valu un torrent de culpabilisation).
Plus tard dans ma partie, je tue un autre bandit. Cette fois, j’ai bien eut des réactions de la part de l’équipe. Pourquoi cette fois et pas l’autre ? Mystère...
Bref, This War of Mine est un jeu de gestion minimaliste dont on trouve la stratégie gagnante au bout de deux ou trois essaies combiné à un jeu d’infiltration / action mal fichu. Il était très novateur en 2014, mais y jouer en 2026 ? Comme je le disais au début : bof.
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Dredge
La pêche n'existe pas
Deuxième jeu de l’année, et encore une fois nous y incarnons un personnage amnésique ( il ne faudrait pas que ça devienne une habitude ).
Dredge, jeu indépendant de 2023, nous fait incarner un naufragé amnésique. Les habitants d’un petit village de pêcheur accepte de nous aider et de nous fournir un bateau, à condition que nous les remboursions grâce au fruit de notre pêche.
Nous pourrons également améliorer notre bateau, nos cannes, nos filets, ect.
Le twist : la nuit, un épais brouillard se lève, et divers créatures lovecraftiennes sortent des ombres.
Sur le papier, la proposition est alléchante : un jeu de gestion d’une petite entreprise de pêche, agrémenté d’un fil rouge narratif légèrement horrifique, personnellement je dis oui.
Malheureusement, force est de constaté que ça ne marche pas.
Dredge souffre d’un gros problème de rythme : le temps s’y écoule bien trop vite. En quelques minutes à peine, notre cale est remplie et la nuit tombe déjà.
J’espérais vivre ma vie de pêcheur, m’occuper de mon bateau, et rencontrer, de temps en temps, au hasard de mes voyages, des éléments faisant avancer le scénario, mais Dredge fait exactement le contraire.
On se rend rapidement compte qu’en réalité, la pêche n’est pas du tout au centre du jeu. Pire : la pêche accélère le temps, si bien qu’il est impossible d’explorer l’archipel au fil de nos sortie pêche, et c’est vraiment dommage !
Le cœur du jeu, c’est de suivre la quête principale vous demandant de retrouver divers artefacts perdus dans l’archipel. Il vous faudra donc surtout « explorer » ( vous rendre au marqueur de quête ) et accomplir différents objectifs.
Les seuls moments où vous irez à la pêche seront ceux où les quêtes vous demanderont un poisson spécifique, ou bien pour obtenir les ressources nécessaire à telle ou telle amélioration. La partie gestion et pêche n’est donc finalement qu’un moyen de vous ralentir afin de donner du gras à ce qui n’est sinon qu’une suite de quêtes Fedex peu intéressantes.
Vraiment dommage, Dredge ne sera pas le jeu de pêche de mes rêves. Mais bon, peut-être qu’au final, les jeux de pêche n’existent pas.
Sanitarium
L’insanité des droitards
Il y a, en France du moins, une certaine aura autour de Sanitarium. En effet, à peine une semaine après sa sortie, en 1998, l’association réactionnaire Famille de France parvient à faire retirer le jeu de la plupart des grandes enseignes ( Auchan, Carrefour, la Fnac, Casino, Virgin… ).
Sanitarium est devenu le jeu « si violent qu’il est interdit en France ! », et il bénéficia d’un fort effet Streisand.
En réalité, le jeu n’a jamais été interdit. Si certaines chaînes de magasins ont rapidement plié, bon gré mal gré, aux pressions de Famille de France, il était toujours possible de trouver le jeu ailleurs, dans des boutiques spécialisées.
Il n’empêche que Sanitarium traîne dans un recoin de mon esprit ( et de ma whishlist GOG ) depuis de nombreuses années. Et, en ce début d’année 2026, j’y joue enfin.
Sanitarium est un point&clic d’horreur psychologique. On y incarne Max, patient dans un asile à l’ambiance gothique. Max est amnésique, et son visage est recouvert de bandages.
Le jeu va se diviser en niveaux, certains se déroulant dans l’asile, d’autres dans l’esprit de Max.
On parcourt un village peuplé d’enfants difformes, un cirque naufragé sur une île, la ruche d’un peuple d’insectes cybernétiques, ou encore un village aztèque théâtre d’un conflit entre dieux.
Chaque niveau est l’occasion pour Max de retrouver une partie de ses souvenirs et de son identité. Chaque élément de ses mondes intérieurs est une allégorie de sa vie réelle ( qui n’est pas rose, comme vous pouvez-vous en douter ).
Les points forts de Sanitarium sont son ambiance et son écriture. La 3D isométrique aux textures baveuses, typique de cette époque, ajoute à l’aspect sale et dérangeant des lieux visités.
De plus, le jeu est intégralement doublé en français. Les énigmes sont très abordables, pour ne pas dire faciles à quelques exceptions près.
Par contre, niveau gameplay, c’est une autre histoire. Max se déplace en suivant le pointeur de la souris ( il ne se rend pas directement à l’endroit où on clique ). Ses mouvements sont lents, et il ne se dirige pas forcément dans la direction souhaitée ( la faute à une 3D isométrique mal maîtrisée ). Combiné au fait que certaines interactions demandent d’être placé à un endroit précis pour fonctionner, il y a parfois de quoi s’arracher les cheveux.
Le pire étant les combats de boss, particulièrement injouables, et pour lesquels je n’aurait qu’un conseil : en forçant ça finit par passer.
Pour conclure, je recommanderais Sanitarium, même en 2026, pour ses environnements, son écriture et son ambiance.
Par contre, n’hésitez pas trop longtemps avant de regarder une solution en cas de blocage. Vous pourriez vous rendre compte que oui, vous faîtes bien la bonne chose, mais que votre personnage n’est juste pas au bon endroit ( mention spéciale pour le jet de pierre vers la cloche ).
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