Menu


Dredge

La pêche n'existe pas

Deuxième jeu de l’année, et encore une fois nous y incarnons un personnage amnésique ( il ne faudrait pas que ça devienne une habitude ).

Dredge, jeu indépendant de 2023, nous fait incarner un naufragé amnésique. Les habitants d’un petit village de pêcheur accepte de nous aider et de nous fournir un bateau, à condition que nous les remboursions grâce au fruit de notre pêche. Nous pourrons également améliorer notre bateau, nos cannes, nos filets, ect. Le twist : la nuit, un épais brouillard se lève, et divers créatures lovecraftiennes sortent des ombres. Sur le papier, la proposition est alléchante : un jeu de gestion d’une petite entreprise de pêche, agrémenté d’un fil rouge narratif légèrement horrifique, personnellement je dis oui. Malheureusement, force est de constaté que ça ne marche pas.

Dredge souffre d’un gros problème de rythme : le temps s’y écoule bien trop vite. En quelques minutes à peine, notre cale est remplie et la nuit tombe déjà. J’espérais vivre ma vie de pêcheur, m’occuper de mon bateau, et rencontrer, de temps en temps, au hasard de mes voyages, des éléments faisant avancer le scénario, mais Dredge fait exactement le contraire. On se rend rapidement compte qu’en réalité, la pêche n’est pas du tout au centre du jeu. Pire : la pêche accélère le temps, si bien qu’il est impossible d’explorer l’archipel au fil de nos sortie pêche, et c’est vraiment dommage ! Le cœur du jeu, c’est de suivre la quête principale vous demandant de retrouver divers artefacts perdus dans l’archipel. Il vous faudra donc surtout « explorer » ( vous rendre au marqueur de quête ) et accomplir différents objectifs. Les seuls moments où vous irez à la pêche seront ceux où les quêtes vous demanderont un poisson spécifique, ou bien pour obtenir les ressources nécessaire à telle ou telle amélioration. La partie gestion et pêche n’est donc finalement qu’un moyen de vous ralentir afin de donner du gras à ce qui n’est sinon qu’une suite de quêtes Fedex peu intéressantes.

Vraiment dommage, Dredge ne sera pas le jeu de pêche de mes rêves. Mais bon, peut-être qu’au final, les jeux de pêche n’existent pas.


Sanitarium

L’insanité des droitards

Il y a, en France du moins, une certaine aura autour de Sanitarium. En effet, à peine une semaine après sa sortie, en 1998, l’association réactionnaire Famille de France parvient à faire retirer le jeu de la plupart des grandes enseignes ( Auchan, Carrefour, la Fnac, Casino, Virgin… ). Sanitarium est devenu le jeu « si violent qu’il est interdit en France ! », et il bénéficia d’un fort effet Streisand. En réalité, le jeu n’a jamais été interdit. Si certaines chaînes de magasins ont rapidement plié, bon gré mal gré, aux pressions de Famille de France, il était toujours possible de trouver le jeu ailleurs, dans des boutiques spécialisées. Il n’empêche que Sanitarium traîne dans un recoin de mon esprit ( et de ma whishlist GOG ) depuis de nombreuses années. Et, en ce début d’année 2026, j’y joue enfin.

Sanitarium est un point&clic d’horreur psychologique. On y incarne Max, patient dans un asile à l’ambiance gothique. Max est amnésique, et son visage est recouvert de bandages. Le jeu va se diviser en niveaux, certains se déroulant dans l’asile, d’autres dans l’esprit de Max. On parcourt un village peuplé d’enfants difformes, un cirque naufragé sur une île, la ruche d’un peuple d’insectes cybernétiques, ou encore un village aztèque théâtre d’un conflit entre dieux. Chaque niveau est l’occasion pour Max de retrouver une partie de ses souvenirs et de son identité. Chaque élément de ses mondes intérieurs est une allégorie de sa vie réelle ( qui n’est pas rose, comme vous pouvez-vous en douter ).

Les points forts de Sanitarium sont son ambiance et son écriture. La 3D isométrique aux textures baveuses, typique de cette époque, ajoute à l’aspect sale et dérangeant des lieux visités. De plus, le jeu est intégralement doublé en français. Les énigmes sont très abordables, pour ne pas dire faciles à quelques exceptions près. Par contre, niveau gameplay, c’est une autre histoire. Max se déplace en suivant le pointeur de la souris ( il ne se rend pas directement à l’endroit où on clique ). Ses mouvements sont lents, et il ne se dirige pas forcément dans la direction souhaitée ( la faute à une 3D isométrique mal maîtrisée ). Combiné au fait que certaines interactions demandent d’être placé à un endroit précis pour fonctionner, il y a parfois de quoi s’arracher les cheveux. Le pire étant les combats de boss, particulièrement injouables, et pour lesquels je n’aurait qu’un conseil : en forçant ça finit par passer.

Pour conclure, je recommanderais Sanitarium, même en 2026, pour ses environnements, son écriture et son ambiance. Par contre, n’hésitez pas trop longtemps avant de regarder une solution en cas de blocage. Vous pourriez vous rendre compte que oui, vous faîtes bien la bonne chose, mais que votre personnage n’est juste pas au bon endroit ( mention spéciale pour le jet de pierre vers la cloche ).